21.11.2009

D'un blog à l'autre

J'aurai ta peau
et j'en ferai un sac
pour y cacher tes os

j'aurai tes os
et j'en ferai un bac
pour emporter tes cendres

j'aurai tes cendres
et j'en ferai un vrac
pour y enfouir ton âme

j'aurai ton âme
et j'en ferai un lac
pour y noyer mes larmes

Théo

En écho à : Tu veux ma peau

11.10.2009

Les hommes

les hommes meurent de boue
la conscience en jeu de quilles
la tête lourde et sinistre
de qui rejette en ministre
les vieux rêves de terre glaise

les hommes meurent beaucoup
dans les miroirs désavoués
des mensonges émiettés
où naît reflets fuyants
leur cruelle vérité

les hommes meurent voyous
dans les demeures veuves
et leur âme égarée
rejoint des ans parée
les senteurs d'un herbier

Théo

04.10.2009

Profanation

Pluie bleue rêves en feu
Je la surprends qui glisse son ombre sous mes pas

Je me sais dès lors en son sursis

Soucieuse de déplaire aux regards indigents
Elle cherche subito des pavés moins branlants

Pluie rouge rêves en feu
Je rejoins ses jambes par chemin d'échos liés

On entend rouler l'or au fond d'un tronc

Soucieuse de déplaire aux regards indigents
Elle m'entraîne presto hors des travées pénitentes

Pluie noire rêves en feu
Je la suis vers l'autel dressé dans la chapelle

Je me sais dès lors à sa merci

Soucieuse de déplaire aux regards indigents
Elle se donne illico sûre dépravée brûlante

Théo

08.07.2009

Zones

les désirs sont des chairs
dont l'alcool nécessités
en des zones endogènes
attise les férocités

les envies se déterrent
en gage de proximités
sous des zones où les gènes
ont charge d'électricités

les plaisirs se lient d'airs
par deux sangs d'affinités
sur des zones érogènes
aux accents plébiscités

Théo

21.05.2009

Variation

Printemps

si de revivre ma vie
j'ai brisé l'élan de tes hanches
attendrai-je les heures d'ambre
pour vanter la couleur de tes feuilles ?

Eté

la lumière haut-parleur
t'annonce d'un air pré-dateur
que les douleurs fauves sont lâchées
sur le dos glabre du gibier

Automne

tu sauras ce que je fuis
quand les démons parcellaires
auront sailli la terre
à la barbe de tes conquêtes

Hiver

te guette l'appâlissement
comme un soleil trop cru
rejette derrière lui
ce qu'il est censé éclairer

Théo

02.05.2009

Trois fois rien

Des mots de la musique un souvenir
si loin après si près
j'en oublierais que c'est de nous
qu'il s'agissait

les chants les gens les champs
jouaient leur va-toutes-saisons
dès le seuil des habitations
avec faconde ou sans façon

on se griffait on se greffait
aux quatre coins des trois fois riens
sans voir que les ailes des oiseaux
asséchaient le ciel
comme la paille aspire l'éther

je me rappelle son goût
pour les appeaux
et nos ruses à cerner l'animal
dans les lits parcourus de forêts abyssales

les mots Mozart et un sourire
sont confus d'être encore dévêtus
à l'heure où les passions névrotiques
ont franchi les bornes de l'horizon

Théo

26.04.2009

Je te regardais

Je te regardais partir
dans la couleur vieux rose
du débardeur que tu avais ramassé
sur un sol abandonné
aux démons de la solitude

tu te sauvais toujours
quand ma voix te rappelait à moi
par un ton qui raillait
l'impossible timbre de te plaire

la vie me crachait au visage
son haleine barbital
je me croyais envoûté je n'étais que bossu
dont la peine déforme
ses rengaines d'amour

au retour d'une vague soirée
un vent de panique a soufflé
les portes en claquant nous ont emmurés
bouche contre bouche
j'ai juré de ne pas me haïr

sous le coussin
tes mots étouffés
tu riais trop fort ont écrit les journaux
qui aiment les titres endeuillés

Théo

26.03.2009

Voyageurs sans bagages

A quoi ressemblons-nous ?
aux cendres lumineuses des errances occultées

étoiles fuyant la nuit
fugue des nombres
dans l'escarcelle criblé d'un cercle auréolé

qui se rappellera de nous ?
les vibrations des comas dépassés

Théo

 

21.03.2009

Obsolescence

le rêve vient
si rond dans la tête
pourquoi
pour quoi
n'étais-tu pressante
pour de vrai
dis

la sève monte
trop bête dans le sexe
je n'ai plus envie
en vie
d'autres doigts
que tes
dix

le temps ajoute
ses ans dans le corps
émoi
les moi
sans retrouvailles
n'ont plus de lieu-
dit

Théo

10.03.2009

Dialogue avec l'ombre

- Tu as l'air bien sombre
ce soir ô mon ombre

- Ton opacité m'encombre
je me sens en surnombre

- Me voudrais-tu lumière
au zénith d'une droite altière ?

- Je crains en y voyant plus clair
de disparaître dans ton aire

- Dis-moi sosie sans formes
comment satisfaire à tes normes

- Eh bien ! je t'en informe
je t'aimerais pendu sous l'orme

Théo

Toutes les notes