11.09.2009
Le changement de ton de Monsieur Léo
- Ma préférence va à celui-ci, beaucoup plus souple, un peu plus grand, plus beau.
- Plus original aussi.
- Certainement.
- Pardon.
- Vous pouvez choisir la couleur des...
- Vert et rose alors.
- Au revoir messieurs-dames.
- Ce qui ira bien avec votre teint. Annie, tenez la porte à madame, voyons !
- Son prix ?
- Mille cinq cent euros.
- Non, non, ne vous dérangez pas.
- Mille trois cents pour une bonne cliente ?
- Pardon.
- Je suis vraiment navré, madame, la maison ne pratique aucune remise. Mais nous accepterons volontiers deux chèques. Trois même pour vous être agréable.
- Dans ce cas je l'achète.
- Vous ne le regretterez pas. Jacqueline, voulez-vous vous charger de la commande de madame.
- Je m'en occupe tout de suite, Monsieur Léo.
- Bonjour. Avez-vous encore ce fameux modèle gigogne ?
- J'ai bien peur que non, ah si ! Je vous demande un instant, monsieur... Allo, Harry, c'est encore moi. Il nous reste un modèle gigogne ?... Mon collègue se renseigne.
- Merci.
- Pardon.
- Je pourrais venir le chercher quand ?
- Nous vous le livrerons, si vous voulez.
- Hen, hen. Je vais voir à Victor Hugo. Merci, Harry.
- Oui, je vous donne mon adresse.
- Bonjour, savez-vous où se trouve le numéro 42 bis, cela passe de 42 à 44.
- C'est l'ancienne numérotation.
- Allez-voir au 54, je crois.
- 112, avenue du Président Washington.
- Oui, c'est encore moi, Harry, il me vient une idée. La commande de madame Japadopoulos est-elle toujours là ?
- Vendredi en huit, cela vous convient ?
- Un instant !
- Un instant.
- Excusez-moi. Oups !
- Cela ne fait rien, je repasserai.
- Non, non, il y en a pour une toute petite minute.
- Donnez-moi votre numéro de téléphone.
- Prenez ma carte.
- Je vous rapporte un café, monsieur Léo ?
- Volontiers, ma belle.
- Merci, comme cela nous vous appellerons la veille pour vous confirmer la... Oui ?
- Vous avez livré madame Bréjan-Bar ?
- Un instant.
- Vous m'avez dit oui ?
- Pardon.
- Evitez de passer devant les clients, Annie, combien de fois faut-il vous le répéter !
- Excusez-moi.
- Ah ? Parfait, alors faites-la moi parvenir, la cliente a téléphoné pour dire qu'elle annulait ... Ne vous inquiétez pas, je me comprends... C'est ça.
- Je reviendrai plus tard.
- Oui, quoi ?
- Vous pouvez repasser d'ici une petite heure ?
- Je préfère que ma femme vienne elle-même.
- Monsieur Léo, c'est pour vous.
- Je prends, un instant.
- Pour le café...
- Je vous fais trois chèques alors.
- Madame Bréjan-Bar, vous l'avez livrée ?
- Verte et rose, hein, ne vous trompez pas.
- N'ayez aucune inquiétude.
- Combien il coûte ?
- C'est votre femme.
- Oui, oui.
- Je peux te rappeler plus tard ?
- En voilà un.
- Bonjour, finalement j'ai encore changé d'avis.
- Quoi ?... Mais tu as entendu ça où ?
- Je l'antidate ? Je le postdate je veux dire, enfin, vous comprenez.
- Pour se garer dans votre quartier !
- Ah, voilà enfin le plombier.
- Les deux en même temps ?
- Cela n'est pas autorisé. Datez-les tous d'aujourd'hui. Ne vous inquiétez pas, on a l'habitude.
- Pardon.
- Votre café, Monsieur Léo. Oh, vous êtes tout pâle !
- Je vous donnerai le troisième à la...
- Bordel de merde ! les Twin Towers...
Théo
09:19 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, 11 septembre
11.08.2009
La mondialisation
- Tu as encore oublié de me réveiller ce matin ! dit Pauline.
- J'aime tant te regarder dormir, dit le réveil.
- Pourquoi me réveilles-tu un dimanche ? dit Pauline.
- Tu ne vas pas à la messe ? dit le réveil.
- Il est 4h du matin, es-tu devenu fou ? dit Pauline.
- Programme test intégré, dit le réveil.
- Pour l'amour du ciel, arrête de sonner ! dit Pauline.
- J'ai eu peur que tu sois devenue sourde, dit le réveil.
- Pourquoi me persécutes-tu ? dit Pauline.
- Je veux rentrer dans mon pays, dit le réveil.
Théo
08:23 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écrit, humour
05.07.2009
Transcendance attitude
- Que fais-tu ?
- J’apprends la méditation à mon derrière.
- Est-il bon élève ?
- Il est parfait dans la position du Lotus.
Théo
19:56 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
25.03.2009
Lily au far west
- Salut ! fait Jo en crachant son chewing-gum sur le seuil du saloon.
JO MACHAIT TOUJOURS DU CHEWING-GUM CAR IL PRÉTENDAIT QUE : « Le chewing-gum, ça donne du goût à l'amour, et quand ça s'tire trop en longueur, y'a qu'à cracher ! »
- Salut crapule, tu tombes à pic ! Y'a ta poule Lily qui t'cherche, fait Billy qu'on surnommait Bill-Beau-Qu'est, à cause de la mèche d'un blond éclatant qui crânait sur son front.
ELLE ETAIT TEINTE, ET PERSONNE NE LE SAVAIT ! A PART LILY A QUI BILLY AVAIT DIT : « Si jamais tu trahis mon secret, je passe-troue tes nénés ! »
Jo s'assied le cul sur un banc, le dos au mur blanchi, les pieds sur la planche réhaussée qui sert de table. Son regard rapace plonge dans l'œil oisif de Billy en face de lui.
- Que m'veut Lily ? J'viens d'lui livrer trois caisses de caresses !
- Paraît que tu lui d'vrais des sous en échange d'un s'cret, fait Billy le sournois, l'inquiet, le pistolet à fleur de peau.
BILLY EN SOI-MEME BOUILLAIT DE TOUS LES DIABLES : La garce de Lily a mangé l'morceau, j'suis sûr. Lui, je lui f'rai r'cracher, elle, je m'l'attrape et je m'l'ép'ronne, les deux, je les niagarate sans témoin.
- Bill-Beau-Qu'est, apprends qu'Lily n'a pas d'secret pour moi. Ah ! Ah ! Ah !
- Oh ! Jo ! Oh! Quelle est la femme quoi qu'elle dise qui n'a pas au moins un s'cret fiché dans sa tête ?
- J'te parie un baril de bière brune qu'Lily n'a pas d'secret pour moi, fait Jo, ouvrant une main grande comme le Rio.
- Pari tenu, pari foutu ! fait Billy sur les dents, en faisant signe au barman de s'activer à remplir son verre.
Sur ces entre-mecs, arrive Lily, sifflant un air en dentelle.
- Nom d'une pastèque ! lâche-t-elle en apercevant les deux larrons le nez dans la boisson.
Jo hurle du fond de la salle :
- Eh ! Lily, amène-toi ! J'ai parié avec Bill-Sot-Qu'est que t'as pas d'secret pour moi. Il prétend qu'si ! Qu'en dis-tu toi ?
IL LUI PINCE SECRETEMENT LE BOUT DE GRAS. LE DANGER VA LA RENDRE INGENIEUSE, ELLE D'ORDINAIRE SI INGENUE :
- Pour que tu me le demandes, c'est que t'es pas sûr de ton fait ! Vrai ? Moulin à Cafards ?
- Vrai ! croupion à claque ! ricane Jo en claquant gentiment.
- Aïe! chicote Lily. Rengaine tes neuf doigts si tu veux qu'on cause !
- Accouche, Lily ! fait Jo qui joue maintenant avec son barillet.
- T'as raison Jo ! J'ai un secret ! qu'elle ose dire la Lily, bravement. Je m'en rends compte en te le disant, parce qu'avant j'savais pas que c'en était un.
JO DEVIENT NERVEUX. BILLY A UN MAUVAIS RICTUS, LEURS MAINS SOUS LA TABLE JOUENT QUASIMENT AVEC LE FEU.
- J'ai gagné mon pari ! fait Billy pour couper court au carnage. J'boirai à ta santé !
- Au pas, mon galop ! rétorque Jo, abattant son poing sur la planche pourrie.
LES BIERES TOMBENT EN CASCADE SUR LE PLANCHER. LA TERREUR SE LIT DANS LES YEUX DU BARMAN...
- Il faut qu'elle dise le s'cret !
- C'est pas prévu dans l'pari ! réplique Billy d'une voix qui ne supporte plus l'ambiance.
- Pas d'babil, pas d'baril ! hurle Jo à Bill ; et à Lily : Alors ce s'cret, il vient ou j'vais l'chercher entre mes gros doigts poilus au fond d'ta glotte ?
LILY SE DEMANDE LEQUEL EST LE PLUS A CRAINDRE DU SOURNOIS OU DE LA BRUTE..??
- Mon secret, c'est que j'n'ai pas de secret pour toi, Jo. Puisque t'en étais pas sûr, c'était donc un secret ! fait Lily, sentant la sueur goutter sous son porte-jarretelles.
- Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! fait Jo sans pouvoir s'arrêter.
BILL-BEAU-QU'EST SORT SOUDAIN DE SES GONDS :
Garce ! Si t'as pas d'secret, c'est qu't'as vendu la mèche, hein ?
- Quelle mèche ? crie Jo. T'avais donc un s'cret, Lily ?
ILS SE SONT LEVES TOUS LES DEUX. LILY DONNERAIT N'IMPORTE QUOI POUR ETRE A MILLE PIEUX D'ICI.
- Aussi vrai que la mèche de Bill-CON-Qu'est est naturellement blonde, j'ai pas d'secret pour toi Jo ! j'te jure ! lance-t-elle sur un fil de corde traître comme un spaghetti à quatre pattes.
Billy s'est aussitôt rassis, guilleret, se disant : Vu qu'ma mèche n'est pas naturellement blonde, elle a menti à Jo, donc elle a un s'cret pisqu'elle lui a pas dit. Sacrée Lily ! Je vais faire semblant d'avoir perdu l'pari.
Jo qu'a pas été long à piger l'astuce, se gargarise intérieurement : Ah ! Ah ! c'est donc que sa mèche est trafiquée à l'alcool oxygénée ! Trop dingue ! Je vais faire semblant d'avoir gagné l'pari.
Il lance : T'avais tort Bill-Beau-Qu'est, et tellement qu'ça me met en joie, que c'est moi qui t'offre la tournée !
ET TANDIS QU'ILS TRINQUENT A SA SANTE, LILY S'ENFUIT A GROSSES GOUTTES...
Théo
14:06 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, humour, pastiche
18.01.2009
Séraphine
- Séraphine !
- Oui madame ?
- L’aquarium est d’une saleté repoussante.
- Je sais madame. Chaque fois que je me décide à le laver, j’en suis moi-même détournée.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- Où avez-vous rangé la cravate jeune et verte de mon mari ?
- Je crois que madame a fait une sorte de lapsus.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- Je ne pourrai malheureusement pas aller chercher les enfants à l’école, mon coiffeur m’attend.
- Pour ne pas décevoir les enfants, madame n’a qu’à m’envoyer chez le coiffeur à sa place.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- Prenez la Javel pour récurer l’évier.
- Je n’aime pas l’odeur. Elle s’attache à mes doigts et mon fiancé refuse mes caresses.
- Mettez des gants en caoutchouc.
- Je ne crois pas que mon fiancé aimera ça.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- Avez-vous pensé à nettoyer l’argenterie ?
- Madame me prête des pensées de riche.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- La capsule déodorante des toilettes est vide.
- Personne ne sera triste, elle sentait tellement mauvais.
- Séraphine !
- Oui madame ?
- L’entreprise de mon mari a des difficultés. Je suis obligée de vous remercier, ce qui me fait bien mal au cœur.
- Moi, je ne vous dis pas merci, mais j’en ai la nausée aussi.
Théo
13:48 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, humour


