19.12.2009
La grenouille et le bœuf
Le président Sarkozy déclarait récemment vouloir affecter une partie du grand emprunt à l'ensei- gnement supérieur afin que nous ayons « les meilleures universités du monde ».
Pourquoi les « meilleures » ? D'« excellentes » universités, n'est-ce pas assez ? Vouloir sans cesse faire mieux, se dépasser, sur le plan individuel, collectif, institutionnel, je n'ai rien contre, bien au contraire. Il est toujours possible de mieux faire. Mais tant qu'on prétendra vouloir être le plus grand, c'est-à-dire plus grand que les autres, on alimentera le chauvinisme national, toujours stupide et rétrograde, et par voie de conséquence l'agressivité et la méfiance entre les peuples.
Est-ce votre petite taille, M. Sarkozy, qui vous pousse à vouloir chausser les bottes du géant ? Ou bien tirez-vous encore et toujours la même ficelle bien usée qui consiste à flatter ce qu'il y a de plus bas chez l'électeur ?
Théo
15:32 Publié dans Les actualités, Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, sarkozy, grand emprunt
28.11.2009
Le Besson à remonter le temps
En juin 84, le Front national faisait 10% aux élections européennes. En décembre de la même année, SOS Racisme popularisait le badge "Touche pas à mon pote" et militait contre le délit de faciès. 25 ans plus tard, Eric Besson, membre du gouvernement, lance un vaste débat national sur le thème : "Touche pas à mon identité française". Le Pen aurait-il accédé au pouvoir ? J'ai dû rater une marche, non ?
Théo
Bonus : ici
09:26 Publié dans Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, eric besson
17.10.2009
Hauteur de recherche
Un anonyme a atterri sur mon blog pour avoir tapé sur un moteur de recherche : « j'oblige ma femme à se montrer nue ». J'espère que sa femme n'a pas obtempéré - et au besoin je conseille à celle-ci de contacter au plus tôt la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Je me demande aussi qu'est-ce qui, dans mes écrits, a bien pu orienter le moteur de recherche vers mon site, en écho à un tel incipit. je ne crois pas avoir jamais forcé aucune femme à vous appâter sur mon blog pour muliplier par mille ou dix mille le nombre de visiteurs.
Allez ! une petite image de consolation pour que cet anonyme ne reparte pas bredouille. Je me rappelle avoir effectivement obligé ma femme à pique-niquer nue.
Théo
19:24 Publié dans Les brèves réflexions, Les mots et images | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : manet, humour, blog
12.09.2009
Aux amoureux des mots
Des blogs s'arrêtent, d'autres disparaissent, renaissent sous une autre forme, marquent un nouvel arrêt. Trop de blogs tue-t-il le blog ? Est-ce le prix à payer pour cette des-mots-cratie là ?
Le relatif-définitif est inscrit en lettres implicites dans tout ce que l'on écrit. Le présent a pour principe de se succéder sans cesse à lui-même sous une autre forme. Le mot est mort ! Vive le mot !
L'écriture est liée à une parfaite osmose entre besoin et désir profonds, et lorsque l'un de ces éléments fait la guerre à l'autre, il y a trêve sur le plan de l'écriture, mais pour qui aime les mots, la vraie paix aura toujours le goût d'encore.
Théo
13:24 Publié dans Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, blog
20.06.2009
Mitigé
Je lisais dans un journal américain la critique du dernier film de Woody Allen, « Whatever Works », pas encore sorti en France. Au détour d'une ligne, je suis tombé sur le mot mite. N'étant pas certain du sens, j'ai ouvert et feuilleté mon dictionnaire. Une mite est venue se poser juste sur la bonne page.
J'hésite à trancher entre plusieurs hypothèses :
1) Les mites sont comme vous et moi, dès qu'on parle d'elles, elles rappliquent à tire-d'aile ; 2) si les mites ont un esprit, il est grégaire ; 3) les mites savent lire, ce qui expliquerait la disparition de certains livres ; 4) les mites ne déchiffrent pas l'anglo-saxon, sinon, celle-là aurait su que mite, en anglais, signifie « miette », « peu de chose » ; 5) humbles et lucides, les mites gagnent à être connues.
Théo
02:01 Publié dans Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : woody allen, mite
03.03.2009
Pertes et profits
J'ai rêvé (oui, vraiment) d'une personne qui s'appelait Plasticœur Twinger*. Ce genre de personnage suscite deux réactions bien tranchées : soit on a envie de le passer au scanner de l'écrit pour tout savoir sur lui, soit on l'affecte d'emblée à l'unité des héros morts-nés pour s'intéresser de plus près à Jean Dupont.
* Prononcer Twinngueur.
Théo
12:56 Publié dans Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, littérature
19.01.2009
L'éponge
Poète lui-même, Francis Ponge disait que le poète est un « laveur de mots ».
Cette définition me plaît, bien que je n’aime pas le mot poète. Deux siècles de décortication de la poésie à l’école ont réussi à imprégner une majorité d’esprits d’une image négative à double résonance : pour les uns le poète est une personne qui se croit obligée d’employer des mots et des formules qu’elle est la seule à comprendre (si tant est qu’elle les comprend elle-même), pour les autres son habitat naturel est la lune.
Le cliché fait écran à la véritable activité poétique : plus que simple laveur de mots, ce qui n'est finalement que la partie décapante du travail rendu nécessaire par la patine des ans, le poète les réveille en les sculptant avec ses propres couleurs, douceurs, douleurs, et tire d’une matière lisse comme Carrare des aspérités séduisantes ou déroutantes qui ne laisseront de marbre que celui qui demeure victime consentante de ses préjugés.
Théo
14:06 Publié dans Les brèves réflexions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poète, francis ponge



