30.05.2009

Après le diplôme

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Je me reposais dans ma patience... ça viendrait !

Gabrielle S.
(cliquer sur le dessin)

28.05.2009

L'homme du jour (et de la nuit)

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Tiberi, cet aigle fin

21.05.2009

Variation

Printemps

si de revivre ma vie
j'ai brisé l'élan de tes hanches
attendrai-je les heures d'ambre
pour vanter la couleur de tes feuilles ?

Eté

la lumière haut-parleur
t'annonce d'un air pré-dateur
que les douleurs fauves sont lâchées
sur le dos glabre du gibier

Automne

tu sauras ce que je fuis
quand les démons parcellaires
auront sailli la terre
à la barbe de tes conquêtes

Hiver

te guette l'appâlissement
comme un soleil trop cru
rejette derrière lui
ce qu'il est censé éclairer

Théo

12.05.2009

La couleur du coquelicot

Nul n'ignore que les trois mousquetaires étaient quatre, mais qui se souvient que les sept nains étaient huit ? Huit et demi plus exactement. Je suis leur grande demi-sœur par l'âge et la taille. Le premier mari de ma mère, papa, la battait. Une jalousie fortement teintée d'alcool avait refroidi sa belle humanité. Dès qu'elle le put, ma mère s'enfuit et convola avec un nain très aimable. Confite dans ce bonheur nouveau, elle m'oublia sur l'étagère du passé. Un jour que je me promenais aux abords d'un champ de blé, j'aperçus un coquelicot d'une grâce incomparable. Je m'empressai de le cueillir. La fleur était une fée.

« Si tu me mets à sécher dans un herbier, je t'accorde trois souhaits. » J'acceptai, naturellement. « Devant l'autel du bonheur crie “coquelicot blanc”, et ton bonheur sera préservé. Au cœur de la solitude, dis “coquelicot gris”, et ta solitude sera comblée. Au seuil de la mort, murmure “coquelicot noir”, et la mort t'épargnera. Lorsque tu auras utilisé tes trois souhaits, ne prononce de ta vie ma vraie couleur de coquelicot. »

Elle n'en dit pas plus. Je suivis ses conseils à la lettre. Aujourd'hui encore, la fleur est incrustée dans l'herbier où je la plaçai sitôt rentrée à la maison. Quelques années plus tard, je rencontrai un prince. Désirant être aimé pour lui-même, il avait usé d'un stratagème afin de révéler dans le cœur d'une femme le plus pur des amours. Il déambulait dans les parcs, dissimulé sous des habits monacaux. Nous nous complûmes au premier regard. Le jour de notre mariage, la cathédrale où notre union allait être célébrée contenait ce que le ciel avait créé de plus envié. Avant de dire « oui » à mon futur mari, je prononçai, face à l'officiant, le souhait qui devait conforter mon bonheur. Est-ce l'émotion ? je ne le saurai jamais. Je me trompai sur la couleur des sentiments et criai « coquelicot noir ». D'église, de faste, de robe blanche et de prince à marier, il ne resta plus rien. Envolés comme de la poussière d'étoiles !

Je me retrouvai seule dans un océan de chagrin avec une santé de fer. Je m'essayai à mourir, mais à cause du souhait prononcé, il se trouvait toujours une bonne âme de passage chaque fois que je m'apprêtai à joindre le geste funeste à l'envie morbide. Malgré moi je réchappais aux pires poisons, aux lames les plus fines, aux sauts de la mort réputés infaillibles. Dans la plus grande des solitudes, je me souvins du deuxième souhait et prononçai machinalement « coquelicot gris ». Dès lors je ne connus plus un seul moment d'esseulement et le regrettai amèrement. Du monde entier, des inconnus venaient me voir, me prendre en photo et me faire la conversation comme si j'étais la Joconde descendue de son tableau pour l'astiquer.

Il me restait malheureusement le souhait du bonheur. A quoi me servait-il puisque je n'avais plus le goût à rien ! Au sortir d'un raisonnement très tortueux, je réussis à me convaincre que la mort me serait bonheur suprême, puisqu'elle me délivrerait des tourments de l'existence. J'attendis donc que la roue tourne, mais elle prenait son temps. D'une santé inébranlable, j'avais à 80 ans le meilleur teint à la ronde. A 95, je sentis enfin la faiblesse ronger mon corps. Je sus bientôt que je n'en avais plus pour longtemps. Certaine d'être enfin parvenue devant les portes du bonheur, je murmurai « coquelicot blanc ».

Les souhaits ont leur logique qui n'est pas la nôtre. Il doit être écrit quelque part que la mort n'est pas régal, mais oubli. Employé lui aussi à contretemps, ce souhait eut un effet inattendu : je n'eus plus le goût de mourir. Je me relevai d'une couche cireuse et partis à la conquête du monde, curieuse de tout, en quête d'expériences aux quatre points cardinaux et d'amants qui ne surent jamais mon âge. Je m'accrochais à ce drôle de bonheur, devins très instruite, riche et conseillère des grands de ce monde, ainsi qu'il sied à un personnage de conte important. J'ai aujourd'hui 129 printemps et un hiver. Je sens à nouveau mes forces diminuer. Ma chandelle est morte, je n'ai plus de souhaits.

Je n'ai pas oublié les paroles de mise en garde de la fée. Je ne suis pas gourde, et si je l'ai été longtemps, l'expérience de la vie m'a remplie de sagesse. Je suis certaine qu'en faisant rejaillir à mes lèvres la vraie couleur du coquelicot, je verrai les effets de mes trois souhaits s'annuler aussitôt. Mais ce que j'ignore paralyse ma décision : peut-on ordonner au temps de faire machine arrière ? Me retrouverai-je jeune fille en attente de prince dans un champ de blé ou vieillarde courbée dans l'ombre de la faucheuse ? Que feriez-vous à ma place ? Depuis trois jours, je ne dors plus de peur d'être otage du sommeil au moment où passera la mort. Je veux être enfin libre de prononcer ou non la vraie couleur du coquelicot.

Théo

11.05.2009

Un Maître

René Char

« Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir »

10.05.2009

Intuitions

Le regard : illumine
ce qui lui échappe
et masque sous l’ombre
ce qu’il absorbe

la lumière : est l’alibi
qui justifie l’absence
de crime
sur le lieu des cimes

la vallée engloutie :
une boîte à images
où le tri
ne s’est pas fait

Théo

 

savoie 93.JPGL.C.

03.05.2009

Envolée

Reportage sur le Yémen (France 5)

« ... les bédouines, voilées comme pour disputer une régate... »

02.05.2009

Trois fois rien

Des mots de la musique un souvenir
si loin après si près
j'en oublierais que c'est de nous
qu'il s'agissait

les chants les gens les champs
jouaient leur va-toutes-saisons
dès le seuil des habitations
avec faconde ou sans façon

on se griffait on se greffait
aux quatre coins des trois fois riens
sans voir que les ailes des oiseaux
asséchaient le ciel
comme la paille aspire l'éther

je me rappelle son goût
pour les appeaux
et nos ruses à cerner l'animal
dans les lits parcourus de forêts abyssales

les mots Mozart et un sourire
sont confus d'être encore dévêtus
à l'heure où les passions névrotiques
ont franchi les bornes de l'horizon

Théo

01.05.2009

Le premier mai...

 

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... je mue gay

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