26.03.2009
Voyageurs sans bagages
A quoi ressemblons-nous ?
aux cendres lumineuses des errances occultées
étoiles fuyant la nuit
fugue des nombres
dans l'escarcelle criblé d'un cercle auréolé
qui se rappellera de nous ?
les vibrations des comas dépassés
Théo
11:18 Publié dans Les poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature
25.03.2009
Lily au far west
- Salut ! fait Jo en crachant son chewing-gum sur le seuil du saloon.
JO MACHAIT TOUJOURS DU CHEWING-GUM CAR IL PRÉTENDAIT QUE : « Le chewing-gum, ça donne du goût à l'amour, et quand ça s'tire trop en longueur, y'a qu'à cracher ! »
- Salut crapule, tu tombes à pic ! Y'a ta poule Lily qui t'cherche, fait Billy qu'on surnommait Bill-Beau-Qu'est, à cause de la mèche d'un blond éclatant qui crânait sur son front.
ELLE ETAIT TEINTE, ET PERSONNE NE LE SAVAIT ! A PART LILY A QUI BILLY AVAIT DIT : « Si jamais tu trahis mon secret, je passe-troue tes nénés ! »
Jo s'assied le cul sur un banc, le dos au mur blanchi, les pieds sur la planche réhaussée qui sert de table. Son regard rapace plonge dans l'œil oisif de Billy en face de lui.
- Que m'veut Lily ? J'viens d'lui livrer trois caisses de caresses !
- Paraît que tu lui d'vrais des sous en échange d'un s'cret, fait Billy le sournois, l'inquiet, le pistolet à fleur de peau.
BILLY EN SOI-MEME BOUILLAIT DE TOUS LES DIABLES : La garce de Lily a mangé l'morceau, j'suis sûr. Lui, je lui f'rai r'cracher, elle, je m'l'attrape et je m'l'ép'ronne, les deux, je les niagarate sans témoin.
- Bill-Beau-Qu'est, apprends qu'Lily n'a pas d'secret pour moi. Ah ! Ah ! Ah !
- Oh ! Jo ! Oh! Quelle est la femme quoi qu'elle dise qui n'a pas au moins un s'cret fiché dans sa tête ?
- J'te parie un baril de bière brune qu'Lily n'a pas d'secret pour moi, fait Jo, ouvrant une main grande comme le Rio.
- Pari tenu, pari foutu ! fait Billy sur les dents, en faisant signe au barman de s'activer à remplir son verre.
Sur ces entre-mecs, arrive Lily, sifflant un air en dentelle.
- Nom d'une pastèque ! lâche-t-elle en apercevant les deux larrons le nez dans la boisson.
Jo hurle du fond de la salle :
- Eh ! Lily, amène-toi ! J'ai parié avec Bill-Sot-Qu'est que t'as pas d'secret pour moi. Il prétend qu'si ! Qu'en dis-tu toi ?
IL LUI PINCE SECRETEMENT LE BOUT DE GRAS. LE DANGER VA LA RENDRE INGENIEUSE, ELLE D'ORDINAIRE SI INGENUE :
- Pour que tu me le demandes, c'est que t'es pas sûr de ton fait ! Vrai ? Moulin à Cafards ?
- Vrai ! croupion à claque ! ricane Jo en claquant gentiment.
- Aïe! chicote Lily. Rengaine tes neuf doigts si tu veux qu'on cause !
- Accouche, Lily ! fait Jo qui joue maintenant avec son barillet.
- T'as raison Jo ! J'ai un secret ! qu'elle ose dire la Lily, bravement. Je m'en rends compte en te le disant, parce qu'avant j'savais pas que c'en était un.
JO DEVIENT NERVEUX. BILLY A UN MAUVAIS RICTUS, LEURS MAINS SOUS LA TABLE JOUENT QUASIMENT AVEC LE FEU.
- J'ai gagné mon pari ! fait Billy pour couper court au carnage. J'boirai à ta santé !
- Au pas, mon galop ! rétorque Jo, abattant son poing sur la planche pourrie.
LES BIERES TOMBENT EN CASCADE SUR LE PLANCHER. LA TERREUR SE LIT DANS LES YEUX DU BARMAN...
- Il faut qu'elle dise le s'cret !
- C'est pas prévu dans l'pari ! réplique Billy d'une voix qui ne supporte plus l'ambiance.
- Pas d'babil, pas d'baril ! hurle Jo à Bill ; et à Lily : Alors ce s'cret, il vient ou j'vais l'chercher entre mes gros doigts poilus au fond d'ta glotte ?
LILY SE DEMANDE LEQUEL EST LE PLUS A CRAINDRE DU SOURNOIS OU DE LA BRUTE..??
- Mon secret, c'est que j'n'ai pas de secret pour toi, Jo. Puisque t'en étais pas sûr, c'était donc un secret ! fait Lily, sentant la sueur goutter sous son porte-jarretelles.
- Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! fait Jo sans pouvoir s'arrêter.
BILL-BEAU-QU'EST SORT SOUDAIN DE SES GONDS :
Garce ! Si t'as pas d'secret, c'est qu't'as vendu la mèche, hein ?
- Quelle mèche ? crie Jo. T'avais donc un s'cret, Lily ?
ILS SE SONT LEVES TOUS LES DEUX. LILY DONNERAIT N'IMPORTE QUOI POUR ETRE A MILLE PIEUX D'ICI.
- Aussi vrai que la mèche de Bill-CON-Qu'est est naturellement blonde, j'ai pas d'secret pour toi Jo ! j'te jure ! lance-t-elle sur un fil de corde traître comme un spaghetti à quatre pattes.
Billy s'est aussitôt rassis, guilleret, se disant : Vu qu'ma mèche n'est pas naturellement blonde, elle a menti à Jo, donc elle a un s'cret pisqu'elle lui a pas dit. Sacrée Lily ! Je vais faire semblant d'avoir perdu l'pari.
Jo qu'a pas été long à piger l'astuce, se gargarise intérieurement : Ah ! Ah ! c'est donc que sa mèche est trafiquée à l'alcool oxygénée ! Trop dingue ! Je vais faire semblant d'avoir gagné l'pari.
Il lance : T'avais tort Bill-Beau-Qu'est, et tellement qu'ça me met en joie, que c'est moi qui t'offre la tournée !
ET TANDIS QU'ILS TRINQUENT A SA SANTE, LILY S'ENFUIT A GROSSES GOUTTES...
Théo
14:06 Publié dans Les dialogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, humour, pastiche
21.03.2009
Obsolescence
le rêve vient
si rond dans la tête
pourquoi
pour quoi
n'étais-tu pressante
pour de vrai
dis
la sève monte
trop bête dans le sexe
je n'ai plus envie
en vie
d'autres doigts
que tes
dix
le temps ajoute
ses ans dans le corps
émoi
les moi
sans retrouvailles
n'ont plus de lieu-
dit
Théo
13:31 Publié dans Les poèmes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature
20.03.2009
Tout ou rien
Jode se repose. Il dort à demi. Comment voudrait-on, avec la somme des bruits dans la rue + du vacarme dans l'hôtel, qu'il en aille autrement ! Les employés s'affairent dans le couloir et les chambres voisines. Une cohorte d'aspirateurs refoule l'odeur de café sous sa porte.
DON'T DISTURB, PLEASE ! PLEASE ! PLEASE !
Jode ouvre les yeux, regarde sa montre. 10 heures 10. Il a l'impression d'avoir été déposé sur ce lit avec l'oubli de venir le reprendre.
Il pourrait rester allongé ou se mettre à la table et écrire toute la journée des pensées très profondes, très vraies, puis en remplir la corbeille à papiers, la seule différence étant que dans un cas il serait assis, dans l'autre couché. Ses yeux repeindraient le plafond ou bien la table.
Jode n'est pas un être désabusé, dépressif, las. Il nivelle tout et rien, leur accorde chance égale au départ parce qu'il ne ressent aucune envie particulière. Il flotte, sorti du sommeil sans être entré dans l'éveil.
Que la porte s'ouvre, qu'on vienne le chercher pour participer à un colloque sur la troudeballerie collective, il ira, s'il s'agit d'une manifestation en faveur des, sous les fenêtre de, il en sera, tenir l'aspirateur dans le couloir pendant que l'intérimaire se recoiffe dans les toilettes ? il le fera, sans chercher à rentrer dans les bonnes grâces de personne, juste parce que l'occasion aura frappé à sa porte.
Du reste, si vous entrez dans sa chambre d'hôtel à cet instant (n° 13), que vous lui demandiez l'improbable, il vous donnera satisfaction dans l'infinie mesure de sa bonne volonté.
Théo
19:26 Publié dans Les histoires de Jode | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, littérature, journal
18.03.2009
Quelque part dans l'univers
00:36 Publié dans Les images | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : photo, chat
17.03.2009
Illusions perdues
Gilles Cohen-Solal (éditeur)
Le seul moyen de devenir millionnaire dans l'édition, c'est de commencer milliardaire.
22:52 Publié dans Les perles et diamants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cohen-solal, humour, littérature
15.03.2009
Angora
Il m'aura fallu faucher les blés
Apprendre à manier la fourche
Pour retrouver le vrai
Faire table rase du passé
La discorde qu'on a semée
A la surface des regrets
N'a pas pris
Le souffle coupé
La gorge irritée
Je m'époumonais
Sans broncher
Angora,
Montre-moi
D'où vient la vie,
Où vont les vaisseaux maudits
Angora,
Sois la soie
Sois encore à moi
Les pluies acides
Décharnent les sapins
J'y peux rien, j'y peux rien,
Coule la résine
S'agglutine le venin
J' crains plus la mandragore
J' crains plus mon destin
J' crains plus rien
Le souffle coupé
La gorge irritée
Je m'époumonais
Sans broncher
Angora,
Montre-moi
D'où vient la vie
Où vont les vaisseaux maudits
Angora,
Sois la soie
Sois encore à moi
12:24 Publié dans Les hommages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bashung
14.03.2009
Match nul
Christine Albanel (ministre de la culture) :
La caricature affreuse qui consiste à présenter cette Haute autorité composée de magistrats comme une sorte d'antenne de la Gestapo est particulièrement ridicule.
Patrick Bloche (député PS) :
Mme la ministre est allée au-delà des limites de son verbe. En tant que ministre de la culture, elle est aussi ministre des mots.
09:48 Publié dans Les perles et diamants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : albanel, patrick bloche, parlement, hadopi
13.03.2009
Etty Hillesum
Quittant le futile pour le sublime
elle fit d'un cœur fragile
comme un carreau de Delft
la force de ses défaillances
son cheminement atypique
portait un double sens :
ne pas jeter l'enfant avec l'eau maudite
être la grâce d'Auschwitz
Théo

00:03 Publié dans Les hommages, Les mots et images | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : etty hillesum, poésie, écriture, littérature
11.03.2009
Addition, Soustraction, Total
Lorsque Total a publié son bénéfice net pour 2008 (13,9 milliards d'euros), Martin Hirsh, haut commissaire aux solidarités actives, lui a demandé aux vues de ces résultats, de faire un effort sur l'emploi. Réponse hier de cette chère compagnie aux multicasseroles pleines de pétrole : suppression annoncée de 555 postes dans les mois à venir.
Quand je parle de casseroles, je fais allusion naturellement à la responsabilité avérée de Total dans la marée noire provoquée par le naufrage de l'Erika, au procès AZF en cours, à la complaisance dont bénéficie le groupe en Birmanie de la part de la junte militaire en place qui met à sa disposition une main d'œuvre forcée, ou encore à la pollution liée à ses activités pétrochimiques qui rejettent dans l'air d'énormes quantités de CO2.
J'ai décidé de soustraire ma petite goutte de pétrole en boycottant ses stations d'essence. Vous allez me dire que je prive ainsi (bien modestement) de braves pompistes qui n'ont guère d'autre choix que de vendre le produit de qui les rétribue. J'en suis conscient, nous savons tous que rien n'est humainement parfait, mais est-ce une raison pour ne rien faire ? Et comment faire autre chose quand on est consommateur basique ?
Si nous nous situons dans le court terme, c'est très injuste. Mais si nous pensons à long terme, à nos enfants, à nos petits-enfants, le point de vue change, les scrupules les plus compréhensibles cèdent la place à l'urgence d'agir.
Théo
13:01 Publié dans Les actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actualité, total



