28.02.2009

Moterie

Le savais-tu
qu'on fait le tri dans ses mots
avec ou sans fer à retasser
c'est pas une loterie
please n'empile pas tout
dans un même morceau
apprends par petits tas de ce tout
à les labelliser

y'en a des saligauds
des pas jolis-polis
des formes wisigothiques
qui en décousent avec l'antique
ils me remuent et te bousculent en dedans
mieux que des forts de café
vas hisse que je te trousse
sont bien bons avec et sans arrêtes

on les aime puis on les aime pas
on ne sait pas pourquoi
on les écrit
ils nous mettent mal dans l'aise
on s'y attache quand même

y'en a des esthético-coco
qui font chien dans la déco-caco
t'as envie de les lécher
à même l'envers du blanc
pour les ça lire
tant ils t'aguichent-t'agacent
c'est pas mes mots préférés
ils ne savent que dire
« l'ai-je bien descendue ta page ? »

le savais-tu
qu'on fait le trop dans ses mots
avec ou sans fer à retasser
c'est pas une loterie
please n'empile pas tout
dans un même morceau
apprends aux petits pas de ce loup
allez la belle lisez

y'en qui se transforment en boîte à outils
avec marteau pince à la colle
tu cloues tu piques t'en chies
miracle la page se transforme
en maux d'elles réduits
tu quittes les ports
le sable et la terre et la flore
en plein océan tu nous offres la pérouse
avant le naufrage du globe

on les aime puis on les aime pas
on ne sait pas pourquoi
on les écrit
ils nous mettent mal dans l'aise
on s'y attache quand même

y'en a aussi pour l'usage trivial
la baignoire noire du soir
le lave à bobos du matin
les wc vexés de jouer l'utilité
pour soulager sa peine son corps ça crie
l'intime en pagaille remplit la vasque
en fines gouttes consommées
à l'heure du ça du moi et du ras sur moi
ces mollahs férules en connaissance
se privent de la lumière du grand jour
jusqu'à posthume confession

le savais-tu
qu'on fait le beau dans ses mots
avec ou sans fer à retasser
c'est pas une loterie
please n'empile pas tout
dans un même morceau
apprends par petits tas de ta boue
allez ma belle lisez

et ceux que je préfère
sont les derniers tracés
qui n'en méritent pas tant
ils fêtent plus haut que la tour est frêle
mais savent mama douée avec des airs
à ne pas vouloir tourner la tête
quand je les appelle à coups
de noms ridicules et secrets
leur jurant les aimer
et que plus ja, mais...
n'en écrirai d'aussi si

on les aime puis on les aime pas
on ne sait pas pourquoi
on les écrit
ils nous mettent mal dans l'aise
on s'y attache quand même

Théo

25.02.2009

Le ciel m'appartient...

« Le ciel m'appartient ! »
dit l'insecte
et il n'en fit qu'une bouchée

Théo

23.02.2009

Fais-moi pas

Fais-moi pas rêver je t'en prie
Je ne veux plus quitter le lac de mes ombres
Leur odeur de vieilles années racornies
Sur les routes où les bornes étaient femmes dévêtues
Sur les routes que les cartes assassines ont tues

Fais-moi pas rêver avec des mots déments
Je n'ai plus le temps de penser aux forêts d'antan
Mes yeux heurtent à la place des carreaux
De la fenêtre qui voyait défiler nos émotions
Une fenêtre murée pour cause de démolition

Fais-moi pas rêver par des points de suspension
Rien qu'à imager la chose je frissonne en dedans
Pareil aux fesses des vieux je présume
Quand on les pique et pique et colérique
Quand on les pique et nique au générique

Fais-moi pas rêver je t'en prie
Au fond de l'eau qui stagne ne le vois-tu pas ?
On trouve parfois de vagues reflets de lumière
Qui brillent comme une goupille déterrée
Brille dans la main d'un enfant égaré

Théo

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